Quelle blockchain a choisi Capbloc ?

Ecrit par : Simon de CHARENTENAY, Fondateur de la startup CAPBLOC, Ancien avocat
Paru le 23 déc. 2019


La sécurité issue de la blockchain dépend de plusieurs facteurs combinés : la gouvernance du réseau et la décentralisation des noeuds. La gouvernance du réseau est le fruit des acteurs qui le constituent, et la décentralisation dépend du nombre de « nœuds validateurs » qui authentifient une preuve et la conservent sur un bloc de la chaîne.

La combinaison de ces deux paramètres a fait apparaître deux types de blockchain : les blockchains publiques et celles qui sont privées. En dressant les avantages et les inconvénients de ces deux types de blockchain, nous vous expliquons pourquoi Capbloc a fait le choix d'une blockchain privée.

1. Les blockchains publiques

Ce sont les grandes blockchains médiatiques (principalement utilisées pour créer des cryptomonnaies : Ethereum, Bitcoin, Tezos, Ripple…).

👍 Les avantages

  • Le nombre de nœuds validateurs est important, souvent plusieurs milliers, multipliant le nombre de preuves d’une transaction. La force du nombre crée la conviction de l’inviolabilité du réseau.

👎 Les inconvénients

  • La confidentialité n’est pas garantie à 100%. En effet, même cryptés, les flux des transactions sont visibles internationalement. Il est impossible d’en saisir le contenu, mais le fait qu’un acteur ait une activité plus ou moins importante sur la blockchain publique est visible depuis n’importe quel utilisateur. Ces dernières sont souvent composées et administrées par des développeurs qui n’ont pas les qualités déontologiques requises pour gérer des flux financiers sensibles..
  • Le client utilisateur de ces blockchains publiques est soumis aux choix techniques des développeurs qui sont principalement aux USA et en Chine. Si une décision technique qui modifie des éléments essentiels de la blockchain est prise, il n’y a pas de protection contractuelle sur la qualité du service.
  • Les données transitent sur des milliers de serveurs répartis un peu partout, ce qui est présenté comme une qualité d’authenticité de la preuve, mais génère un problème important en termes de souveraineté des données. Elles transitent sur le plan international, parmi des acteurs anonymes, et s’exposent ainsi à des forces économiques hors de portée judiciaire.

2. Les blockchains privées

Les nœuds sont sur un réseau privé composé de personnes autorisées. Les nœuds validateurs sont moins nombreux, mais choisis. Souvent elles évoluent et grossissent en agrégeant des acteurs qui veulent participer. Le réseau de nœud va de 2 à quelques centaines pour les plus grosses. Ce sont les entreprises qui ont principalement recours aux blockchains privées, afin de renforcer le régime probatoire de leurs transactions, tout en restant dans un cadre stratégique maîtrisé.

Sur un plan technique, la blockchain privée proposée par Capbloc utilise un code source HYPERLEDGER FABRIC. C’est celui utilisé par les grands groupes qui veulent une blockchain privée gouvernable et fiable. Le réseau en lui-même est purement privé et interconnecte des serveurs sur lesquels seuls les nœuds permissionnés sont mis en blockchain.

Quelques exemples de blockchains privées dédiées à leur secteur d’activité :

✔ R3-Corda réunissait à la base quelques banques, et au bout de 3 ans réunit plus de 200 acteurs financiers (Blockchain sur mesure CORDA).

✔ Les greffiers de tribunaux de commerce ont développé une solution d’interconnexion des greffes des tribunaux de commerce en France (infrastructure HYPERLEDGER FABRIC)

✔ La Chambre des Notaires de Paris a annoncé en 2019 qu’elle déployait quelques nœuds dans des études de notaires, et souhaite s’étendre progressivement (infrastructure HYPERLEDGER). La création de la blockchain notariale (BCN) a définitivement été actée durant l'été 2020.

✔ Carrefour teste une blockchain avec ses fournisseurs (infrastructure HYPERLEDGER).

👍 Les avantages

  • Le fait de choisir les nœuds validateurs permet d’avoir confiance dans les opérateurs économiques qui sont dépositaires des preuves des transactions de titres. Capbloc propose gratuitement d’être un nœuds validateurs à ses clients qui le souhaitent (cela n’est pas obligatoire) et installe pour eux le nœud validateurs. Tous les noeuds de Capbloc sont des acteurs de confiance avec une déontologie rigoureuse (avocats, experts comptables, services juridiques et DSI d’entreprises françaises).
  • Capbloc a monté une blockchain privée qui réunit un consortium d’acteurs français liés aux transactions des titres de sociétés soumises au droit français. Pour que la souveraineté des données soit absolue, les serveurs des nœuds validateurs sont situés en France et tenus par des opérateurs économiques (les clients) qui relèvent de la justice française.
  • La logique de consortium permet une gouvernance évolutive et contrôlée de la blockchain. Capbloc pourra proposer aux acteurs du réseau de faire évoluer la blockchain en fonction du contexte (évolution de la législation française ou européenne, des besoins économiques nouveaux…).

👎 Les inconvénients

  • Le choix d’une blockchain privée fait qu’il y a moins de nœuds. Capbloc est parti de 2 nœuds en octobre 2019, en est à 10 en décembre 2019 et sera à 100 nœuds fin 2020, ce qui est sa cible stratégique pour une blockchain sécurisée, gouvernable, avec des opérateurs économiques du secteur du titre financier.
  • Les preuves sont moins nombreuses que sur une blockchain publique (une centaine de nœuds au lieu de milliers).

En revanche la blockchain privée de Capbloc, à l’image des blockchains des grandes entreprises précitées, gagne en confidentialité et en fiabilité du réseau. De plus, le nombre de preuves des 100 nœuds sera largement suffisant pour répondre aux exigences du décret du 24 décembre 2018 qui fait du Dispositif d’Enregistrement Électronique Partagé (blockchain) une preuve irréfutable et donc opposable, de transaction de titre.

En synthèse, Capbloc a fait le choix d’une blockchain d’entreprise pour répondre à des besoins professionnels. Il s’agit d’une blockchain qui permet de bénéficier des apports de la blockchain en matière de preuve et d’opposabilité juridique, tout en répondant aux exigences de sécurité et de confidentialité du monde économique traditionnel.